Que pense Salah Abdeslam dans sa cellule ce soir?

Merci, Jean.

Merci, Jean.

Que pense Salah Abdeslam dans sa prison ce soir ?

Nous sommes tous sous le choc, comme à Paris l’an passé, Charlie, le 13 novembre,… Paris que j’aime, Bruxelles où je vis le plus souvent, mes racines, la France, la Belgique, mes deux pays…

Dans sa prison, Salah Abdeslam, citoyen français à l’accent bruxellois, se moque bien de savoir s’il est français ou belge. Il doit savourer le moment. Il doit ressentir l’exaltation de la victoire qu’il cache sans doute sous ses airs de faux repenti.

Je ne sais pas ce qu’il pense. Je peux juste supposer. Mais s’il veut savoir ce que je pense, voici. Je pense qu’aucun système, même le plus violent, n’a réussi à imposer sur le long terme ce qu’il espère instaurer. Les SS, Hitler, ce n’était pas mal dans le genre, non ? Ces branquignols, dont les bombes n’exposent pas toutes, dont les armes s’enraient, ces pieds nickelés qui se font sauter au milieu de nulle part au stade de France ou dans une nuage de plumes comme Brahim Abdeslam, ils sont dangereux, bien sûr, mais à côté, ils font figure d’amateurs, non ?

Je pense qu’il est trop simple de pleurnicher « Molenbeek, Molenbeek » comme si un bourgmestre battu aux élections était responsable de tout. Je pense qu’il est simpliste de penser que c’est la misère qui pousse automatiquement à la radicalisation. Du fric, ils en ont, les potes de Salah, non ? Je pense que sous couvert de tolérance, on veut bien trop respecter les monothéismes qui sont mortifères. Ce matin, avant même d’apprendre l’horreur, je lisais dans un journal un long papier sur Marc Augé. C’est titré : « Sans croyance en Dieu, on regarderait les hommes » et sous-titré « Dans « la sacrée semaine qui changea la face du monde », Marc Augé écrit une fable courte et roborative sur l’absence de religion ». Above us, only sky…

Je ne sais pas si dans sa cellule de la prison de Bruges, Salah Abdeslam croit encore en Dieu, si le doute parfois le prend. Je ne sais pas ce qu’il croit.

Mais je vois ce qu’il fait. Cela s’inscrit dans la droite ligne de toutes les horreurs perpétrées depuis deux mille ans.

Dieu est mort, il aurait mieux fait de ne jamais exister. Il est mort et il tue. Voilà ce que je pense. Je n’ai qu’une vie. Elle touche à sa fin, je le sais, je l’admets. Je serai mort quand Salah Abdeslam sortira de prison. Mais à cette vie, j’y tiens encore. Et ce que je pense, c’est que tous ces déploiements d’après coup, ces alertes 4 d’attentat imminent décrétées une demi-heure après le second du jour, ces frontières que l’on ferme, avec ces esprits tremblants qui en font autant, cette trouille perceptible qui paralyse toute réflexion intelligente, tous ces experts qui déconnent gravement devant le premier micro ou le premier stylo ou les allures de matamore d’un Premier ministre, bref, que rien de ce cirque ne me protégera en rien mais que tout restreindra mes libertés.

Ce que je pense me vient pêle-mêle et je ne sais pas si dans sa cellule brugeoise, Salah Abdeslam se rend compte mieux que confusément que ce n’est pas le carnage sa victoire, mais ce qu’on nous inflige ensuite.

Le journal extime n°12 – paraît hélas aussi parfois quand ça ne me plaît pas.

P.S. Plantu ayant diffusé son dessin via Twitter, je le lui emprunte. Merci, Jean (c’est son prénom).

Un commentaire sur “Que pense Salah Abdeslam dans sa cellule ce soir?

  1. Un Dios existente sería algo terrible.
    !Que Dios nos libre de el!
    Un Dieu existant serait terrifiant.
    Que Dieu nous en préserve!

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