Avril au Portugal

C'est à Coimbra qu'on a créé "Avril au Portugal".

C’est à Coimbra qu’on a créé « Avril au Portugal ».

Vous avez droit, dans votre existence de stress, à quelques jours de vacances pour réchauffer vos vieux os et oublier, l’espace d’un moment, la grisaille de la météo et de l’actualité. Vous mettez le cap vers le Portugal à cause d’une chanson idiote dont vous allez apprendre qu’en VO, elle chante les merveilles de Coïmbra, entassant dans votre bagage cabine des vêtements légers (qui vous paraissaient chauds en Grèce il y a six mois) tout autant qu’une compagnie aérienne bien connue pour ses tarifs et sa politique sociale vous le permette.

Vous décollez à 6 h 50 du matin. Debout à trois heures: il fallait en théorie être là trois heures avant le décollage. Allons, il n’y aura jamais autant de monde! Vos fils se sont dévoués: ils vous ont déposé au milieu de la nuit. Et déjà, vous auriez dû vous méfier: il a fallu faire à pied le dernier kilomètre. Une foule, à l’aéroport de Charleroi, à quatre heures et demi du matin! Des rangs bien compacts qui espèrent que nul Kalachnikov ne traîne…

Enfin l’avion ne décolle qu’avec une demi-heure de retard et quand vous atterrissez, vous n’êtes pas à Porto, on vous ment, ce n’est pas possible: un petit crachin belge, un petit dix degrés dans les normales saisonnières…

Eh bien si. Et ce n’est qu’un début, continuons le glagla…

Vous aviez pris trois pulls? Entassez-les chaque jour sur la chemise à manche courte. Et bénissez l’inspiration soudaine – le Portugal est un pays atlantique, il risque d’y avoir une averse, comme en Bretagne – qui vous a poussé à glisser dans la poste de la veste légère, vaguement imperméable, ce magnifique chapeau de pêcheur kaki qui fait pousser des cris aux autres…

Et cela fait des jours et des jours que cela dure. De temps en temps il y a un rayon de soleil, c’est vrai, et je ne parle pas de la gentillesse des Portugais que vous aurez été heureux de retrouver bien en place, 22 ans après votre dernier reportage sur les lieux, lui-même vingt ans après la révolution des oeillets. Mais on vous le jure: jeudi, à Lisbonne, il fera beau. Jusqu’à vendredi, peut-être.

Si je meurs d’insolation, je vous préviendrai.

Le journal extime n° 14 – 100% lavable dans l’eau du Douro.

 

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