Wilmots bashing

Dégage, Marc!

Dégage, Marc!

Encore que je sois supporter des Bleus, comme chacun sait depuis mon coming out de 1982 publié dans « Le Soir » et m’ayant valu quarante-sept lettres d’injure, je n’oublie pas que je dispose d’une nationalité que le monde entier enviait jusqu’à vendredi : la belge. Je suis donc secondairement supporter des Diables rouges, et à ce titre plus qu’à celui de journaliste, je me sens légitime pour donner comme tout le monde mon avis sur Marc Wilmots. Doit-il ou non rester à la tête de l’équipe belge de football ?

Comme tout le monde, disais-je, je vais résumer le problème avant de livrer mon verdict, qui sera sans appel (et probablement aussi sans effet).

Pour. Marc Wilmots doit rester. Il a été victime d’une malchance crasse décimant sa défense et forcé de jouer un quart de finale avec des U21. Après tout se qualifier deux fois de suite pour les grands messes du ballon rond et n’en sortir qu’en quart (sortir en quart est plus glorieux que rester dans le car), ce n’est pas si mal.

Contre. Marc Wilmots doit partir. Il a viré sous prétexte de blessure l’un de ses meilleurs arrières comme un malpropre, ce que son équivalent allemand s’est bien gardé de faire en la personne de Schweinsteiger. À la place il a sélectionné un inconnu qu’il a laissé sur le banc. Il a géré son vestiaire comme son mandat de sénateur MR (voire pire, si c’était possible).

Pour. Il a amené les Diables rouges à la première place du classement Fifa.

Contre. Il faudrait aussi virer le malade qui a imaginé les calculs de ce classement.

Pour. Il n’a perdu que quatre matches en compétition officielle. Belle efficacité.

Contre. Dont deux contre le Pays de Galles. Il n’apprend rien de ses erreurs.

Pour. Il a donné une âme et une cohésion à l’équipe. Sans lui, la petite Belgique existerait-elle encore ?

Contre. Il ne coachait rien du tout : celui qui le faisait, c’était Vincent Kompany. Les Flamands susurrent qu’il y a trop de francophones dans cette équipe.

Pour. Il a réussi à allier le côté battant des Belges, style le plus brave des peuples de la Gaule, avec la classe évidente de certains de ses joueurs.

Contre. C’est tout à fait par Hazard et d’ailleurs lui et De Bruyne se marchent sur les pieds. Et s’il garde Lukaku en pointe, c’est parce que son style de jeu ressemble à celui qu’il affichait lui-même comme joueur, quand on l’appelait le bison de Dongelberg.

Pour. Il n’est pas le seul à avoir failli : Conté a oublié d’exercer les Italiens aux tirs au but et ne parlons même pas de ce malheureux Hodgson, responsable d’un second Brexit en moins d’une semaine.

Contre. Perdre contre le Pays de Galles n’est-il pas du même ordre que se faire sortir par l’Islande ?

Pour. Il a un contrat coûteux à casser, obtenu dans l’euphorie, preuve qu’il est malin.

Contre. Le tableau des Belges était on ne peut plus favorable : un éminent confrère a parlé de piste d’aviation vers le stade de France. Une sortie de piste est pire qu’une sortie de route.

Bon, bref, au bout du compte ?

Au bout du compte je m’en fous : allez les Bleus !

Le journal extime n°17 – eh oui, ça faisait longtemps, mais ça paraît quand je veux et j’écrivais autre chose dont je vais bientôt vous parler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *